Le musicien

Je découvre la musique à l’âge de 5 ans. Elle est maintenant constamment au cœur de ma vie, j’aime d’ailleurs volontiers à croire qu’elle le sera toujours.

Parcours d’un musicien qui veut vivre de sa passion :

Une médaille d’or obtenue au Conservatoire de Brest puis je rencontre Alberto Ponce et décide de quitter ma Bretagne natale. Un premier prix à l’unanimité avec félicitations du jury au Conservatoire d’Aubervilliers la Courneuve et le prix du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris me sont décernés. C’est aussi le temps des concours internationaux couronné de plusieurs prix …

Parcours classique me direz-vous ? Oui, mais la réalité est que mon monde intérieur est déjà différent des chemins habituellement empruntés (reproduits ?).

Écriture, musique de chambre et dans le même temps ma rencontre avec la musique dite « ancienne » grâce à Eric Bellocq. Musicien qui a la rare intelligence d’avoir la connaissance historique de ce monde fascinant qui est celui du luth, de la guitare renaissance et baroque, de la vihuela et du théorbe, tout en restant tourné vers l’avenir.

Acquérir la connaissance stylistique, historique bien-sûr … Mais en faire quelque chose, donner du sens à tout cela à travers ce que l’on en a compris…en profondeur. Parce que je crois que l’on « nait » sincère que lorsque l’on accepte de rajouter une part de soi à ce que l’on décide de faire.

Autre rencontre au bord de ma route : celle avec le guitariste Christian Rivet qui, trois mois avant l’obtention de mon Certificat d’Aptitude, me fait prendre définitivement conscience de l’importance de toujours penser par soi même … Moment privilégié où, lorsque l’on est face à son instrument ou que l’on transmet un savoir, on accepte totalement le moment présent, comme une page blanche sur laquelle on crée et recrée une histoire sans cesse réinventée, à l’écoute sensible de soi et des autres.

Mon chemin se poursuit…

Professeur de guitare de luth et de théorbe au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise puis au Conservatoire de Rueil-Malmaison et de Châtillon, je me produis régulièrement en récitals en France et à l’étranger.

Mon univers se partage également entre la basse continue, la musique de chambre et la création.

Souvenirs de moments musicaux partagés à la guitare avec le contrebassiste de jazz François Mechali, l’hauboïste Jean-Marie Poupelin, le saxophoniste Jean-Yves Fourmeau, le clarinettiste Pierre Dutrieu …

Mais aussi au théorbe ou au luth avec Patrick Cohen-Akenine et François Poly (les Follies Françaises), Frédéric Michel-Bouin (Le Poème Harmonique), Michel Quagliozzi, François Saint-Yves (Le concert spirituel), Gilone Gaubert-Jacques (les talents lyriques), La Maîtrise de Versailles, l’ensemble Diabolus in Musica.

Souvenirs enfin de rencontres avec ces compositeurs dont j’ai eu le privilège de créer certaines oeuvres : Jean-Bernard Colles, Steingrimur Rohloff, Georgia Spiropoulos, Laurent Durupt, Frédérik Martin, Patrick Bournet, Gabriel Dufour-Lapérierre, Karol Beffa.

Mon travail avec Bruno Bonhoure et l’ensemble « La camera delle lacrime » sur la musique traditionnelle occitane représente également une étape très importante dans mon évolution musicale. Toujours à l’écoute, sensible et imprévisible, Bruno part d’une trame simplifiée à son plus strict minimum. Jamais plus de trois lignes de musique, une mélodie simple que nous nous essayons peu à peu à déformer, à enrichir, à faire glisser vers tous les possibles … Bruno chante, je suis au théorbe, Antoine aux percussions iraniennes, et l’improvisation commence. Nous savons toujours à peu près là où l’histoire commence mais jamais là où elle nous mènera. Et à nouveau nous cherchons à donner du sens, à créer des liens entre nous, nos sensations, notre monde intérieur et celui qui nous entoure.

Je pense sincèrement que tout est possible lorsque l’on accepte de voir l’objet sonore sous toutes ses formes, si l’on accepte de « tourner autour » pour varier sans cesse les points de vue, les points « d’écoute » …

Sculpter le temps, écouter le silence, lier les choses entre elles, les êtres entre eux, à travers ce que la musique suscite en moi est un miracle que je tente jour après jour de renouveler…

Car ce miracle me permet à chaque instant partagé d’aller plus au fond de moi même, et peut être de vous toucher à votre tour.

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